Pour ce qui est de la vie en société, rappelons combien Freud
avait apprécié l’anecdote des porcs-épics en hiver qu’il avait trouvée
dans Schopenhauer : les porcs-épics, quand l’hiver est glacé, cherchent
un peu de chaleur en se serrant les uns contre les autres. Mais les
piquants de chacun s’enfoncent dans les chairs de l’autre et les
déchirent. Les porcs-épics s’écartent alors les uns des autres et sont
ressaisis par le froid. De rapprochements en écarts et d’écarts en
rapprochements, ils trouvent enfin cette voie moyenne où ils n’auront ni
trop froid, ni trop mal, où ils passent compromis entre la douleur et
le gel. Ainsi en est-il des hommes. Ils ne peuvent ni tout à fait vivre
en commun, ni tout à fait vivre en solitude.
Roland JACCARD, L’exil intérieur
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