Tous les médecins s’accordent à reconnaître que la masturbation
prédispose à un très grand nombre de maladies. Elle ne tarde pas, en
effet, à jeter les individus qui s’y livrent sans frein dans un état de
faiblesse générale […]. Leurs forces muscuaires diminuent de plus en
plus et on les voit marcher chencelants, le tronc déjà courbé, alors
qu’ils sortent à peine de l’adolescence. Ils sont vieillis et portent
tous les stigmates de la caducité à l’heure où leur jeunesse devrait
s’épanouir dans toute sa fleur. […] Les hallucinations, le délire et
l’aliénation mentale ne sont pas rares dans ces cas, ainsi que les
médecins d’asiles ont pu l’observer. […] La mélancolie la plus profonde
et l’hypocondrie s’emparent de lui (le sujet qui s’est adonné à cette
dégoûtante habitude). Le souvenir de ce qu’il a été, la pensée de ce
qu’il aurait pu être le jettent parfois dans une tristesse peine de
dégoût pour toutes les jouissances de la vie et peuvent le conduire au
suicide. S’il ne se tue pas, il s’éloigne de la société qui le méprise
et à laquelle il se sent incapable de rendre le moindre service. Il
suffit enfin de la vue des autres pour le faire rougir et pour le forcer
à baisser les yeux.
Pierre LAROUSSE, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle
ah ouais ?
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